L’expérience d’iboga de l’amie de Xavier (Jan ’00)

March 21, 2012

J’avais acheté 15 grammes de l’extrait d’Indra courant Novembre 1999 [Indra, un groupe de Danois, vend un extrait d’écorce de racine d’une force équivalente à un cinquième de l’ibogaine pure], dès que les discussions à ce propos sur cette liste me firent penser qu’il s’agissait d’une source fiable et d’un produit sûr, dont le prix semblait en faire une excellente affaire. De fait mes contacts par mail avec Indra furent très positifs: réponses rapides et claires, impression générale de compétence et de sérieux. Puis, lorsque je commandai le produit, je reçus celui-ci comme prévu au bout de quelques jours. L’extrait se présente sous la forme d’une poudre brune, emballée dans des sachets plastique individuels d’un gramme, hermétiquement fermés, accompagnés chacun de deux capsules de gel.

Ces quinze grammes étaient destinés à mon troisième voyage et au premier de mon amie. Vers mi-décembre, celle-ci ingéra une dose-test de 1/2 grammes, le matin, l’estomac vide. Au bout de quatre heures elle ne sentait aucun effet, aussi absorba-t-elle 1/2 gramme supplémentaire. Une heure après elle ressentit enfin les signes habituels normaux d’une prise d’ibogaine modérée: déformation de la vision avec quelques phosphènes et éclairs en périphérie, problèmes d’équilibre et de locomotion qui l’incitèrent à s’allonger sans bouger, puis souvenirs, visions et impressions liés aux problèmes qui la poussaient à prendre de l’ibogaine (résumés en quelques mots, je dirais que les problèmes qu’elle souhaite régler avec l’ibogaine sont d’ordre psychologique liés à la mort de plusieurs membres de sa famille proche en un laps de temps très court, il y a de cela environ deux ans. Ces évènements ont semble-t-il été l’élément déclencheur de traumatismes plus anciens remontant à l’enfance et qui l’ont depuis rendue dépressive, la poussant à boire et à fumer plus que de raison. Pas d’autres probèmes de drogues). Absolument aucun souci de malaise ou de vomissement. Les effets restèrent très légers et ont duré jusqu’au soir en s’atténuant progressivement. Le lendemain matin ils avaient disparu, elle se sentait en forme.

Aussi fut-il décidé d’effectuer un vrai voyage dès que possible, c’est-à-dire vers mi-Janvier. Le dimanche 16 Janvier, elle absorba quatre grammes d’extrait dans des capsules de gel avec l’estomac vide. Elle n’avait pas pris d’anti-nauséeux car la première fois, pour l’essai, elle n’avait senti aucun malaise, aucune gêne bien qu’elle soit restée physiquement active jusqu’au moment où elle fut forcée à s’allonger. Tout se passa bien au début, l’ibogaine commença à produire ses premiers effets au bout de trois quarts d’heure où elle commença à se sentir bizarre. Au bout d’une heure et quart elle commença à se sentir décoller. C’est à ce moment-là que je pris une initiative qui sur le moment me parut bonne mais qui s’avéra en fait une idée très stupide qui allait tout gâcher: je l’aidai à se lever pour aller aux toilettes, pensant qu’il valait mieux se débarrasser de ce genre de corvée à problèmes alors que les effets venaient juste de débuter et étaient donc encore très légers, pour être plus tranquille et plus sûr plus tard lorsqu’elle serait vraiment “partie”. Malheureusement le fait de se lever, même brièvement (les toilettes étaient juste à côté de la chambre, il n’y avait que quelques pas à faire), a déclenché chez elle un violent malaise, une très forte envie de vomir contre laquelle elle a dû lutter sans cesse. Ces problèmes ont duré de nombreuses heures, en fait jusqu’au soir, et ont semble-t-il empêché l’ibogaine d’accomplir le moindre effet psychologique, vision ou souvenir.

Le soir venu elle s’est endormie, et ensuite est restée plus ou moins endormie ou inconsciente jusqu’au mardi matin où elle put se lever. Elle ne se souvenait pas de grand’chose sinon avoir repensé à de nombreux épisodes de sa vie, pas forcément liés à son enfance. D’après elle rien de déterminant ne semblait s’être produit durant ces deux jours, si quelque chose s’était produit elle n’en avait pas conscience, et ne remarquait aucun changement notable à l’issue du voyage. La seule chose qui l’ait vraiment marquée fut ces longues heures du dimanche où elle lutta contre le malaise et le vomissement de toutes ses forces. Elles lui furent extrêmement pénibles et la laissèrent épuisée. En fait, elle ne put s’empêcher de vomir modérément à quelques reprises, et a sans doute rejeté 1/2 gramme à 1 gramme de produit, selon mon estimation.

Voici maintenant trois semaines qu’elle a pris de l’ibogaine, et le seul changement qu’elle a pu noter, en elle-même ou dans ses habitudes, est le fait que durant les premiers jours de son retour, elle ressentit beaucoup moins le besoin de fumer et baissa fortement sa consommation de cigarettes -mais cela ne dura que quelques jours, et elle revint très vite à sa consommation normale. Par ailleurs nombre de souvenirs et d’émotions liés à la mort de sa mère reviennent régulièrement à sa conscience et la déstabilisent. Pour moi qui pratique la thérapie primale cela me semble plutôt un progrès, si toutefois elle accepte de gérer ces sentiments de façon appropriée, mais c’est un point de vue qu’elle ne partage pas.

Aussi globalement, je crois que nous pouvons qualifier cette expérience de négative. Il me semble que cette négativité est dûe aux violents malaises qui ont empêché tout effet constructif durant la journée de dimanche, et aux vomissements qui ont rendu sans doute insuffisante la quantité d’ibogaine ingérée.

Comme nous ne connaissions pas exactement la force de l’extrait et la réactivité de mon amie à cette substance, elle avait tout d’abord ingéré 4 grammes et j’avais préparé 2 grammes supplémentaires qu’elle pourrait prendre plus tard si le besoin s’en faisait sentir, c’est-à-dire si les effets des 4 grammes initiaux n’étaient pas assez puissants. Mais en fait, elle s’est finalement retrouvée avec 3 à 3,5 grammes sans pouvoir en reprendre par la suite. Cette quantité était sans doute très insuffisante pour elle aussi nous avons prévu, pour sa prochaine prise d’ibogaine prévue vers mi-avril, qu’elle absorbe directement 5 ou 6 grammes d’extrait en prenant soin d’avaler un anti-nauséeux efficace une heure avant.

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