De ‘The Lancet’, 27 Nov 1999 par Kelly Morris

March 21, 2012


Les données s’accroissent sur l’utilisation d’hallucinogènes dans l’interruption de l’addiction. Peu de thérapies existent pour l’addiction aux drogues, et malheureusement un produit qui a été prometteur –l’ibogaïne, alcaloïde contenu dans une plante– est la plupart du temps donné de manière peu sûre par des groupes de toxicomanes (self-help), dit Deborah Mash (université de Miami, FL, Etats-Unis). Ceci justifie la “pauvreté des données cliniques” sur les effets de la préparation. Cependant, Mash a maintenant les résultats préliminaires de presque 100 patients, et lors d’une série d’entretiens au Royaume-Uni ce mois [novembre 1999. ndt], elle a présenté des résultats et réclamé davantage de recherches en première priorité.

Les propriétés anti-addictives de l’ibogaïne ont été montrées chez les animaux; chez l’homme, l’ibogaïne provoque souvent des “états de pseudo-rêve” aux doses de traitement mais elle est est rapidement éliminée de la circulation sanguine. Le métabolite persistant, la noribogaïne, continue d’agir modifiant l’humeur, en supprimant le manque, et en aidant le toxicomane à entrer dans une thérapie à long terme, par l’intermédiaire de ses actions sur la sérotonine (un neuromédiateur) et sur les récepteurs des opiacés µ et kappa (voir The Lancet 1998; 352: 1298).

Après un traitement unique, l’équipe de Mash a trouvé que les scores du “Beck Depression Inventory” se sont améliorés significativement (18 contre 4), et sont demeurés bas pour au moins un mois. Il y avait également des diminutions significatives des scores de manque et des signes de retrait d’opiacés observés médicalement. Les événements défavorables notés pendant la phase aigüe du traitement étaient des nausées, vomissements, petits tremblements et ataxie passagère; des baisses initiales dans la fréquence cardiaque et la tension artérielle se sont produites chez quelques patients, principalement chez les usagers de “crack” cocaïne. “Si les visions sont importantes [ pour l’efficacité ], je ne peux pas encore le dire “, note Mash, ” mais les très profondes expériences associées à l’ibogaïne peuvent changer la vie”. En dépit de ces résultats prometteurs, le développement ultérieur d’un médicament est susceptible d’être gêné par des polémiques continuelles. Le litige permanent de propriété industrielle entre l’université de Miami et Howard Lotsof, le découvreur des effets anti-addictifs de l’ibogaïne, semble décourager les investisseurs potentiels. En outre, quelques experts ont rapporté des lésions des cellules cérébelleuses de Purkinje [les cellules du cervelet, ndt] chez les rats traités avec des doses élevées d’ibogaïne. Cependant, Mash n’a pas trouvé de tels dommages à l’autopsie d’un ancien patient qui est mort d’autres causes. En conclusion, les partisans de l’ibogaïne pensent que l’utilisation clinique d’une drogue classée I aux USA est politiquement dur à avaler dans ce pays, en dépit d’une absence de risque, de toute évidence, concernant un emploi abusif de l’ibogaine.

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